Se rend-on encore compte du temps qu’il faut pour concevoir un meuble ? Combien de personnes connaissent vraiment toutes les étapes nécessaires à sa réalisation ? Dans un monde où l’on s’habitue à tout obtenir sans délai, l’artisanat paraît appartenir à une autre époque — et pourtant, il est plus actuel que jamais : il relie le geste à la matière, le regard à l’intention, l’utile au beau.

Ici, tout commence par une idée. Une intuition, parfois une image fugace. Je la saisis, je la retourne, je l’épure : imaginer, puis dessiner un croquis. Viennent ensuite les dimensions : trouver la juste proportion, l’équilibre entre présence et légèreté. Je choisis les planches de plot, leur veinage, leur densité, leur tempérament. Le calepinage me permet d’optimiser la matière pour limiter les chutes et respecter le bois.

Le travail d’atelier s’ouvre alors : déligner chaque morceau, dégauchir puis raboter les quatre faces de chaque pièce pour atteindre la planéité, la rectitude et l’épaisseur exactes. Je définis les assemblages — tenons, mortaises, tourillons, rainures — et je les exécute avec précision. Un montage à blanc vérifie l’ajustement, la tension juste. Vient le ponçagedes pièces avant collage, puis le collage et l’assemblage définitif. Un ponçage de finition révèle le dessin du bois ; huiler ou vernir protège, nuance, réveille les reflets. Enfin, je prends un instant pour regarder le travail accompli — et en être fier, humblement.

Être artisan, c’est faire de ses mains. C’est concret, visible, tangible. Création après création, je ne cesse d’être fasciné par ce passage de l’idée au réel : étape après étape, un meuble prend corps, gagne sa respiration, trouve sa place dans le monde. Et parfois, oui, c’est beau — non par effet, mais parce que l’exactitude du geste rencontre la vérité de la matière.

Ce chemin demande du temps : le temps de comprendre, d’essayer, d’ajuster ; le temps d’écouter le bois, de respecter ses singularités. C’est ce temps-là que je défends. Il fonde la qualité, la durabilité et, au fond, l’émotion que l’on ressent en posant la main sur une arête douce, en suivant du doigt une ligne qui file juste.

Si mon travail te parle, suis-moi sur Instagram et Facebook, et inscris-toi à la newsletter pour découvrir les nouvelles pièces, les coulisses de l’atelier et les expositions à venir.

Les étapes (en clair)

  • Imaginer l’idée
  • Dessiner un croquis
  • Définir les dimensions
  • Choisir les planches de plot
  • Calepiner pour limiter les chutes
  • Déligner les morceaux
  • Dégauchir puis raboter sur quatre faces
  • Définir et réaliser les assemblages
  • Assembler à blanc
  • Poncer avant collage
  • Coller et assembler définitivement
  • Ponçage de finition
  • Huiler ou vernir
  • Regarder son travail… et en être fier