Ville, bois, respiration
Très souvent, c’est la nature qui me guide ; ici, c’est la ville qui m’a soufflé la ligne. Cubae avance à pas calmes : quatre cubes comme quatre battements, une ligne qui cadre l’espace et laisse la matière respirer. La rigueur des plans n’éteint pas le mouvement intérieur du bois ; elle l’accueille. Dans la clarté, l’objet se tient – présent, sans insistance. Je cherchais cette sensation d’évidence : un dessin qui s’efface pour que l’on entende simplement le grain du bois et le rythme des vides.
Le geste juste, la coupe d’angle
Chaque cube n’est pas un bloc mais un volume habité par l’ombre. L’assemblage en coupe d’angle maintient la continuité du veinage : la fibre coule d’une face à l’autre, sans rupture. On lit une double symétrie : verticale dans la composition des faces ; horizontale depuis le centre vers les extrémités. Ces repères tiennent la pièce, l’apaisent. Le regard s’y appuie, puis part à la dérive – volontairement – dans la cartographie du bois. Je voulais une précision qui ne crie pas, une maîtrise qui ne s’exhibe pas, un geste utile et discret.
Orme du Japon, beauté intérieure
L’orme venu du pays du Soleil-Levant porte un grain parfois tortueux, toujours singulier. Il ne raconte jamais deux fois la même histoire. Ici, la géométrie ne l’enferme pas ; elle le révèle. Sous la lumière, le veinage change de voix : tantôt fil tendu, tantôt onde douce. La ville donne les axes ; le bois, la nuance. Entre les deux s’installe un dialogue que j’aime : une tension calme où rien ne déborde et rien ne manque.
Plein, vide, lumière
Cubae mise sur la mesure. Les intervalles entre les cubes ne sont pas des absences : ce sont des respirations où la lumière s’attarde. L’ombre, elle aussi, travaille et dessine des reliefs silencieux. La console se laisse apprivoiser dans le temps. Elle ne cherche pas l’effet immédiat ; elle accompagne. Elle clarifie une ligne, ouvre un passage, donne leur place aux choses et aux gestes.
Ce que je tais encore
Il reste un détail que je préfère garder pour plus tard. Un petit secret de l’atelier, destiné à l’heureux futur propriétaire. Je crois que la beauté tient aussi à cela : préserver une part de silence, laisser au regard le plaisir de découvrir.













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