Un objet n’est jamais seulement un objet.
Il porte en lui une origine, un temps, une manière d’être né.
Un objet industriel est pensé pour être reproduit.
Il doit être identique à lui-même, contrôlé, calibré, optimisé.
Sa qualité dépend du réglage d’une machine, de la précision d’un moule, d’un rythme imposé.
Il remplit une fonction, parfois très bien, mais il ne raconte rien d’autre que la logique qui l’a produit.
Un objet artisanal naît autrement.
Il ne cherche pas la perfection mécanique : il cherche la justesse.
Le geste de la main, les variations de la matière, les hésitations, les reprises, les ajustements silencieux… tout cela lui confère une présence que rien ne peut imiter.
Il garde la mémoire du bois, la respiration de la veine, la cohérence intime entre l’idée et la matière.
L’industriel vise la répétition ; l’artisan vise la rencontre.
Celle entre une intention et un matériau.
Celle entre le créateur et la personne qui adoptera l’objet.
Ce n’est pas une question de supériorité.
C’est une question de sens.
Un objet artisanal ne cherche pas à être parfait : il cherche à être vrai.

